Affichage des articles dont le libellé est Sur les bords de la Loire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sur les bords de la Loire. Afficher tous les articles

Mon premier col

Jeudi 8 novembre
Paray-le-Monial-Lyon (120km)

Picasa SlideshowPicasa Web AlbumsFullscreen
La grosse étape, en distance (120km) et en difficulté. Je l'appréhende depuis le départ. Elle doit me faire passer du bassin de la Loire à celui du Rhône, dans les contre-forts du Massif Central: les monts du Lyonnais et du Beaujolais. Pour les éviter au maximum, j'avais prévu un itinéraire par la N79 laissant les cols de côté et traversant Charolles,Cluny, Macon et rejoignant la Saône en amont de Lyon. Mais les premiers kilomètres sur la nationale menant à Charolles me montre que cette route est épouvantable en terme de camions et de montagnes russes en descentes/montées.

J'arrête à Charolles et m'enquiert du meilleur itinéraire vélo dans un café-tabac. Grosse discussion d'ou se dégage un avis qui me semble informé: passer par le col des Echarmeaux(720m). La montée est compensée ensuite par la descente de 60Km sur Lyon. Pour dédommagerJla buraliste de la perturbation provoquée, j'achète une carteLoire-Rhône qui se révèlera ensuite extrèmement utile , entre autre avec un plan de Lyon pour retrouver l'adresse des Guillot qui m'accueillent ce soir. Point minuscule dans la périphérie d'une ville de plus d'un million d'habitants.

Heureuse surprise! la montée du col est plus facile que prévu. La pente est continue et progressive. Elle casse moins que l'alternance montées/descentes. A 13h, j'arrive à Propière, à 3km du sommet. Quand même épuisé, j'arrête, heureux de trouver un restaurant pour me reconstituer.

Ensuite descente de l'Azergues , très sympathique petite rivière que suit la route avec en bordure l'équivalent d'une piste cyclable de 60 km de long sur 60cm de large. Bravo la Région Rhône, toujours innovatrice. Arrêt photo pour la grande fête du Beaujolais nouveau en prépération en l'honneur de Noël D., collègue très proche originaire de la région. Soleil magnifique de l'été de la Saint Martin qui m'accompagne. Chance inouie, le lendemain la neige tombait sur le col. Pour le moment le soleil et la descente me font chanter

Tu t'avances sur les ailes du vent
Tu prends les vents comme messager

A 20km de Lyon, la situation se corse. Je prends une départementale dans l'écheveau des grandes voies d'entrée. Mais elle me fait remonter sur les collines. Entrée difficile dans Lyon à la tombée de la nuit. Deux ponts à traverser, sur la Saône et le Rhône. L'accès au pont Galiéni est un vrai labyrinthe, car il faut traverser la gare de Perrache . Je réussis enfin et tente de suivre l'itinéraire que j'avais tiré de Google pour trouver ma route. Progression lente, laborieuse et incertaine en raison de travaux qui bouleversent les repères.

Presque désespéré , à un kilomètre de l'arrivée, Miracle! Rencontre de Françoise G; partie patrouiller à ma recherche. Une des rencontres les plus agréables de ma vie! Car l'accès à leur immeuble HLM m'aurait pris encore beaucoup de temps et d'énergie.

Françoise et François G. sont des volontaires d'ATD-Quart-Monde, membre d'un groupe pionnier du Diplôme Universitairedes Hautes Etudes de la Pratique Sociale(DUEPS). Aller chez eux renforce les liens en augmentant une communication réciproque. Je découvre leur intéreur et Benoît, leur dernier des 5 enfants encore chez eux.
Repas rapide car Françoise a une réunion. Organisation du lendemain avec téléphone à Jérôme pour un rendez-vous fixé à 19h.

Pour continuer sur les bords de la Loire du 1er au 9 novembre...

Boucle étrange d'une guirlande éternelle

Mercredi 7 novembre
Nevers-Paray-le-Monial

Picasa SlideshowPicasa Web AlbumsFullscreen
La plus grosse étape jusqu'à maintenant. Heureusement beau temps, même s'il fait autour de zéro. Vent de côté. Temps si beau , qu'il me fait chercher le psaume sur les splendeurs de la création. Mais je ne sais son numéro. Si bien que pour le matin, je reste sur celui des montées avec l'apprentissage de la deuxième strophe:

Qu'il ne laisse broncher ton pied
Qu'il ne dorme ton gardien,
Vois, il ne dort ni ne sommeille
Le gardien d'Israël

Au bout de 50 km, il est midi et la faim me fait mollir. Avec un petit détour, je trouve un bar resto rapide à Gannay-sur-loire (O3230). Mon statut de cycliste me vaut un accueil sympathique. Les patrons sont de Lyon et viennent de s'installer pour être au vert. A la sortie je cherche ce psaume de la création. C'est le 104. Je commence à apprendre sa première strophe par coeur., en changeant Yahwé par Esprit. Que mes amis juifs me pardonnent cette actualisation me parle plus.

Bénis l'Esprit mon âme
Esprit, mon Dieu tu es si grand!
Vêtu de faste et d'éclat
Drapé de lumière comme d'un manteau

Cette mémorisation ne m'empêche pas d'appuyer sur les pédales , car la route est longue.
Abbaye-de-Sept-Fons: O,7km. Joie. Pas trop loin pour un détour. C'est un haut lieu pour moi. Car c'est là qu'un soir de Pâques l'ange de la résurrection m'a dit:

"Il est ressuscité d'entre les morts , et voilà qu'il vous précède en Galilée. C'est là que vous le verrez" (Matt 28,7)

Croire à cette parole m'a lancé dans un chemin encore plus aventureux qu'avant, car il fallait le frayer seul. Un vieux moine, confident de cette option , m'avait alors écrit ces mots

Sur le chemin aventureux que tu choisis,
et qui peut être celui de l'Amour,
sois humble.
Humble comme le voyageur
qui le soir
n'a d'autre toît
que celui que lui donne son Père

Quarante-deux ans après, je suis très heureux de revenir rendre grâce du chemin parcouru. Dans la chapelle déserte, l'organiste s'entraîne et joue le Prélude en hut majeur de Bach. Je le fais mien, seul auditeur. Un moine de l'accueil me signe ma créanciale" Que Dieu vous garde"

A Diloin, un jeune mécanicien m'indique la voie verte, le long du canal du canal de la Loire, pour terminer en beauté les douzes derniers kilomètres. Soulagement.

A Paray, recherche du Foyer du Sacré-Coeur dans la nuit tombante. Chance aussi . Juste en face de la chapelle de l'héroïne du lieu: Marguerite Marie à la Coque, à l'origine voilà 100 ans de cette centration sur l'amour , symbolisé par la sacralisation d'un organe, le coeur , et le coeur d'un homme se disant fils d'un amour transhumain qu'ainsi il révèle comme Amour générateur.

Au foyer, seul hôte introduit par un jeune réceptionniste originaire du Kosovo,Luan , je dîne en tête à tête avec la co-fondatrice, et du Foyer et d'une association pour une Civilisation de L'amour-CorChristi- fondée voilà 25 ans par le Père Armand Roustand. Cette dame de 83 ans ,Yvette Mondos, rayonne de vivacité et d'enthousiasme. Elle m'informe de l'état des troupes de Paray. Pour sa fondation dont elle est la dernière témoin, elle voit une suite possible depuis un mois; Mais elle ne peut m'en parler avant d'avoir officialisé la piste avec l'évêque. Elle demeure étonnamment ouverte et confiante.

Le groupe de L'Emmanuel avec son Ecole de l'Evangélisation semble la communauté la plus nombreuse. Je l'ai croisé dans la chapelle d'en face. Cette école réactualise cette focalisation sur l'amour. Cette focalisation hérite de représentations sentimentalistes et bondieusardes chargées d'une autre époque. Cet héritage la dessert et voile l'essentiel. Donc le message de Paray n'est pas d'une évidence fulgurante. Sa forte teneur affective l'expose à des dérives réelles et attire des personnalités parfois limites. Cette ambivalence et risque de l'amour n'appellent donc pas une adhésion aveugle. Mais au contraire nécessite d'aviver et d'affuter un discernement spécifique, à travers et au-delà de l'humain.

Rendez-vous demain au petit déjeuner à 7h30 pour une photo et la signature de la créanciale. Y arrivera aussi in extremis, leur nouvel aumonier, un prêtre québécois anciennement curé de St Jérôme: Jean-François L. Il développe des sessions nommées Agapè.

Pour continuer sur les bords de la Loire du 1er au 9 novembre...

Jeune génération régénérante

Lundi-mardi 5-6 novembre
Clermont-Ferrand

Picasa SlideshowPicasa Web AlbumsFullscreen
A l'arrivée à Clermont, nous allons rendre visite à Edgar, un des fils de nos amis, dans son nouvel appartement, à 10 minutes de son travail à l'université dans un poste protégé. Second essai comme téléphoniste après un premier comme électricien. En raison de difficultés relationnelles avec celui qui devait l'initier et l'accompagner, le premier poste l'a tétanisé et renvoyé à l'hôpital. Sur ma créanciale, Edgar m'a mis un mot qui m'a touché: "Un bon projet , courage". Ce mot me fait prendre avec moi, dans mon coeur et dans mon esprit, sur mon porte-bagage, tous ceux qui, pour une raison ou l'autre, sont moins mobiles.

Bernadette et Gustavo sont épuisés par la mobilisation permanente d'énergie nécessitée par l'accompagnement d'Edgar. Je leur propose de les relever un week-end au printemps en visitant la chaîne des volcans avec Edgar.
Repas très convivial avec Luis , second fils, et son amie avec laquelle nous faisons plus ample connaissance.

Le mardi soir à Nevers , Cécile 16 ans, la dernière fille de Geneviève et Michel, s'est faite toute belle pour le repas . Je suis donc entouré de trois magnifiques femmes: elle, Geneviève et Françoise .

Ces beautés ont sans doute contribué à me détendre. Première nuit vraiment reposante. Je sens s'opérer une décontraction profonde du corps. Je décide d'aller prendre, le matin, une photo de L'Espace Bernadette, pour bien visibiliser sa place dans cette ville et dans ma vie.

Pour continuer sur les bords de la Loire du 1er au 9 novembre...

La tribu des cyclistes

Dimanche 4 novembre
Gien-Nevers (100km)


Picasa SlideshowPicasa Web AlbumsFullscreen
La dimension spatiale de la route, avec la pression d'une gestion quotidienne et immédiate à court terme, détrône presque complètement les autres références temporelles. Or aujourd'hui c'est dimanche et le 4 novembre, anniversaire de notre fils Yann, le webmestre de ce blogue. Double fête dont la conjonction est nécessaire pour que les nécessités du trajet n'estompent pas tout le reste. Bonne fête Yann. J'arrache, pour les lui transmettre, les pages du magazine Carrière, concernant des formations recommandées pour quadras prometteurs! La longueur de l'étape me met en tête une référence rassurante: « Qu'il ne laisse pas broncher ton pied » (Ps.120v.3)

Pendant le petit-déjeuner toujours solitaire, passe Arnaud P., un jeune moniteur de la filière Forêt. Cette filière a beaucoup de débouchés possibles, mais peu de candidats. Pénibilités du métier insuffisamment rénuméré, divisions du milieu. Il me rappelle Jean G. qui a fait une thèse sur le sujet.

Comme l'étape d'aujourd'hui est la plus longue encore jamais faite (100km) et que je suis seul, je décide de rester sur la départementale D951, malgré l'attraction de quelques écriteaux annonçant la piste Val de Loire. Mais cette piste se réduit encore souvent à quelques tronçons communaux difficiles à trouver et s'achevant quand on commence à les apprécier.

Bien m'en a pris, car le dimanche matin est le moment idéal pour rencontrer le maximum de spécimen de la tribu des cyclistes, dans sa variété déjà bien bigarrée.
  • D'abord les professionnels, les vrais ou ceux qui se prennent pour tels. C'est la demi-journée de la semaine où ils sortent en force. Ce sont les plus voyants. Ils vont en peloton serré multicolore avec toute la gamme des couleurs de l'arc-en-ciel affichée sur le torse, le bassin et les cuisses. Ce sont les adeptes du dieu de la route, les consacrés du culte de la performance. Vous voir serait une distraction coupable, faisant baisser la moyenne sacrée. Que dire de vous saluer, lâchant, en plus, une main du guidon! Un seul ose parfois lever les yeux et répondre à un salut, à l'insu de tous: le dernier !
  • Ensuite apparaissent les cyclistes du dimanche qui osent encore aller sur les routes, à leurs risques et périls. Ils sont moins nombreux: seul ou à deux. Plus discrets et moins bariolés, même si une touche de couleur les égaie. Ils ne sacrifient pas tout à la route, ou plutôt au vélo. Ce dernier ne les a pas complètement submergés, instrumentalisés. Ils sont encore ouverts et attentifs à l'environnement, au paysage et aux personnes croisées. Donc ils vous saluent. Avec un sourire de connivence qui énergise et encourage.
  • De temps en temps surgissent, à la croisée de chemins, des représentants d'un troisième spécimen de cyclistes: le VTTiste haletant et crotté à souhait. Mais pas pour longtemps, pour un court tronçon. De toute évidence, la route est jugée trop plate pour être intéressante. Le Vttiste disparaît au premier chemin de traverse. J'en ai rencontré deux qui ont consenti à relâcher leur chevauchée pour m'indiquer la voie. Un des deux, d'ailleurs, montait un vélo d'acrobatie introduisant une variante en développement.
  • La première race, celle des cyclistes fonctionnels, a pratiquement disparu dans la nature. Ils utilisaient simplement le vélo comme moyen de locomotion habituel. Cette race commence à resurgir dans les villes qui visent à devenir des vélos-cités. À l'approche d'agglomérations un peu plus importantes, j'ai quand même rencontré deux survivants de cette espèce en mutation. Pas des écolos précurseurs. Mais au contraire des sous-prolétaires ruraux pour qui un vélo emprunté représente un ultime moyen de secours pour étendre un peu une mobilité réduite à la marche. L'un d'eux est tombé. Sa selle était chambranlante. Pour la resserrer, j'ai découvert les multiples possibilités d'un outil multifonctionnel, nouveau pour moi. Sébastien, mon conseiller technique, l'avait introduit dans ma trousse de dépannage. Merci Sébastien. J'étais très fier de moi.
  • Je n’ai pas rencontré de randonneurs comme moi, harnachés avec de multiples sacoches. Mais pour cette catégorie minoritaire, je suis hors saison. On doit faire figure de bœufs de labour, de tacherons ou de forçats de la route. En automne, je suis donc une exception étrange, originale, un peu extra-terrestre. Je suscite des regards étonnés, amusés, encourageants ou réprobateurs selon le degré d'ouverture à l'inconnu et à l'insolite du regardant. Une présence de mon espèce interroge donc. Elle catalyse des dispositions de fond entre ouverture et fermeture, familier et étranger, local et non local.

Une autre centrale nucléaire —une chaque jour— me rappelle que la Loire n'est pas seulement le dernier fleuve sauvage de France. Après Saint-Laurent-des-Eaux, Dampierre-en-Burly, c'est Belleville ou Neuvy aujourd'hui. Je devrai attendre longtemps pour voir les premières éoliennes près du Rhône. Heureusement, des avis plus poétiques à l'approche d'écoles viennent adoucir la route. « Pensez à nous, roulez tout doux ». Oui je pense à vous Gabrielle, Camille et Marie-Jeanne et vous adoucissez ma route.

J'arrive à Nevers par le pont Fourchambeau et juste devant un écriteau pointant « espace Bernadette ». Ce sera ma première visite en remerciement d'une autre visite, faite en stop, voilà plus de 35 ans. Je ne peux m'empêcher de penser que cette Bernadette Soubirous a quelque chose à voir avec ma rencontre de Françoise à Lourdes quelques années plus tard. Bernadette a vu l'archétype de la beauté féminine. Elle m'a aidé et m'aide à la découvrir. En même temps, cette Beauté m'apprend à aimer même ce qui n'est pas aimable, la face noire de la vie.

Après un jeu de piste dans Nevers et Coulanges, j'arrive avec soulagement chez Geneviève et Michel. Françoise est là avec du linge de rechange. Repas avec Geneviève et Alain G. Geneviève G. arrive de Jérusalem. Et les deux connaissent très bien un de mes anciens collègues, Jean H.. J'ai la joie de l'avoir au téléphone. Il m'apprend que leur journal Témoin est maintenant sur internet.

Grâce à la généreuse hospitalité de Geneviève, Nevers offre un repos bienvenu de deux jours. Repos nécessaire après ces quatre premiers jours test de vélo. Nous en profitons pour aller en voiture à Clermont-Ferrand voir des amis très chers.

Pour continuer sur les bords de la Loire du 1er au 9 novembre...

Le dilemme de la géo-photographie en vélo

Samedi 3 novembre
Chaingy-Gien (70km)

Départ donc vers 9h, car la route va être plus longue (70km) et Armelle m'attend à 10km au pont de l'Europe, à l'entrée d'Orléans. On se rencontre à 9h45. Elle me propose l'itinéraire rive nord, le contraire de celui de Jean-Claude! On part donc par un bout de piste cyclable jusqu'à Saint-Jean-de-Braye. Mais cette belle piste se transforme ensuite en sentier pédestre où, avec son VTT, elle est plus à l'aise que moi avec mon randonneur. Par contre, ce sentier suit un canal avec des paysages merveilleux jusqu'à Chécy et Pont-aux-Moines.

Ce paysage appelle à s'arrêter pour prendre de multiples photos. Tension et débat intérieur pour conjuguer l'attraction de la beauté locale avec la préoccupation de la distance à parcourir pour arriver à terme. Ce débat me poursuivra tout le temps du trajet jusqu'à Rome. Apprendre à le traiter est fondamental. Cet apprentissage fait passer du déplacement purement fonctionnel à la construction d'un voyage singulier. Pas évident de prendre le temps d'estimer chaque instant présent pour s'arrêter ou non et cueillir ainsi des lieux qui construisent un espace personnel arraché à un paysage fugace qui sinon disparaît aussitôt qu'apparu.
Mais souvent c'est le trajet qui tranche lui-même. Après le Pont-aux-Moines, la circulation de la Nationale 60 clôt le débat. Pas d'autre choix que d'avancer. Si bien que nous arrivons à Châteauneuf-sur-Loire à 11h30. Trop tôt pour trouver un restaurant ouvert pour un repas, avant de nous séparer. Un bar-tabac PMU veut bien nous accueillir.

Discussion avec Armelle sur ses recherches de fin de mémoire master sur un mystérieux « alpha virtuel » qui m'interroge. Ce serait des signes flottants de communication possible à actualiser pour construire justement cette communication par un message échangeable. On évoque aussi Jacques et les passionnants échanges avec le groupe des quatre: eux deux, Anne-Marie et Marc. Un coup de téléphone de son fils aux prises avec le plombier et une fuite d'eau, ainsi que le reste de route à faire, mettent fin à cette légère restauration. Elle repart sur Orléans et je continue sur Gien, via Saint-Benoît-sur Loire.

En pleine réfection, je ne peux photographier les représentations de l'Apocalypse que Michel M. et Marc S. m'avaient signalées. Mais en l'honneur de l'Auzouer-en-Touraine de Michel, je photographie le panneau indicateur annonçant Ouzouer-sur-Loire. La centrale nucléaire de Dompierre-en-Burly impose sa masse fumante de cathédrale moderne à cet environnement bucolique. Et finalement, surprise, la distance se révèle moindre que planifié: 70km au lieu des 80 estimés par Google. J'arrive donc à Gien un peu plus tôt que prévu. Mais personne à la Maison Familiale Rurale où je dois passer la nuit. Seul un chat m'accueille en miaulant désespérément d'un premier étage. On ne peut pas faire grand chose l'un pour l'autre. Personne non plus au téléphone portable de Cécile, la directrice. Je laisse mon numéro à son répondeur.

Je réussis à me mettre à l'abri sous une porte cochère. Ce qui me permet de mettre à jour ce journal. Mais à 17h, toujours rien. La recherche d'une alternative devient une nécessité. Je ré-enfourche mon vélo et descends vers le centre de Gien. Un kilomètre après, un coup de téléphone m'arrête. C'est Cécile qui m'attendait plus tardivement. Léger décalage horaire entre nous. Je reviens donc. À 18h, elle arrive avec son petit garçon, Matéo. Elle m'installe dans la Maison dont je dispose à moi tout seul. Repas frugal avec le pain qu'elle m'avait apporté et des fromages tirés d'un frigo. Repas bienvenu, même s'il est solitaire, car il m'évite de repartir dans la nuit.

Cécile a fait une thèse sur l'esprit critique avec Frédérique L. Avec elle, elles ont, la semaine prochaine, une réunion du Groupe de Recherche et d'Etude sur la Formation, l'Éducation et le Développement (GREFED) créé par Georges Lerbet, fondateur des Sciences de l'Education à Tours. Je la charge de saluer les participants qui me sont toutes et tous chers.

Cette attente dans une soirée mouillasseuse de novembre a éprouvé mon moral. Elle m'a fait repérer et saluer un bel arbre. Mais en toute gratuité, sans que sa beauté réussisse à combler cette attente. Elle réussit au moins à me faire tenter de philosopher. La vie n'a pas de sens unique. Elle est au moins à double sens, sinon à plus. À chacun de construire le sien, avec les ambivalences, les matériaux et les partenaires disponibles, à choisir. La première strophe du psaume des montées (120) que j'avais décidé de ruminer ce matin, me revient avec mes aménagements:
« Je lève les yeux vers les hauteurs.
D'ou viendra mon secours?
Le secours me vient de L'Esprit
Qui fait le ciel et la terre »
Pour le moment, le secours s'incarne dans un coup de fil réconfortant de Françoise, avec un échange avec Brigitte et Francis, puisqu'elle est chez eux. Je peux m'engager dans une longue nuit solitaire mais reconstituante qui me fera désirer prendre une photo de cette Maison de Gien le lendemain.

Pour continuer sur les bords de la Loire du 1er au 9 novembre...

Les compagnons de route

Vendredi 2 novembre
Blois-Chaingy (60km)


Picasa SlideshowPicasa Web AlbumsFullscreen
Michel a déjà fait de longues randonnées européennes à vélo dans sa jeunesse. Il est le premier à nommer mon vélo un randonneur. Il me pilote vers Blois par de petites routes pour nous faire arriver à sa basilique préférée: Saint Nicolas. Elle me rappelle un grand ami, Jean-Bernard Sugier. Elle nous avait réunis pour son grand départ.

Michel m'accompagne 15 km, jusqu'au château de Ménard. En se séparant, il me transmet la devise des pèlerins du Moyen-Age et de Compostelle: le but, c'est le chemin, comme la vie, ajoute-t-il en un souffle. Merci Michel. C'est toi qui m'a donné l'idée de faire signer par les hôtes qui m'accueillent, la sorte de passeport, appelé « créanciale », qu'avait chaque pèlerin pour se faire reconnaître. À défaut de clerc accueillant, demander la signature des hôtes les met dans le coup. Elle actualise, personnalise et ainsi sécularise la chaîne d'entraide permettant tout pèlerinage. Ta phrase ouvre donc ce créanciale.

Pédalage solitaire jusqu'à la rencontre d'un homme en VTT. Il fait Beaugency-Blois-Beaugency. Je lui demande la permission de me mettre dans sa roue pour bénéficier de son aide comme entraîneur. Il accepte et la conversation s'engage. Il semble un cadre en retraite extrêmement sportif: Annapurna, un bout de Compostelle. Son rythme est un peu plus rapide que le mien. Et il est moins chargé. Mais il connaît le chemin. Donc nous continuons ensemble jusqu'à Beaugency.
À un passage d'entrée en zig-zag pour défendre l'accès de la piste, mes sacoches accrochent. Première petite chute sans gravité. Apprendre l'outil !
À Beaugency vers 1h, il ne propose pas de déjeuner ensemble, après s'être enquis de savoir où je mangeais. Réserve vis-à-vis de l'inconnu. Mais il me conseille d'écrire mon journal chaque jour. Ce que je fais sur le champ au restaurant du bout du pont pour rattraper le retard d'hier.
« Où allez-vous avec votre beau vélo? me demande le patron à la fin du repas.
« À Jérusalem...
« Ah! J'irai bien avec vous, mais... je fume », me dit-il en me montrant son gros cigare.
J'arrive à 17h chez Jean-Claude G. en train de jardiner. « De la pelle, à la truelle et au clavier », me dit-il en souriant pour nommer ses diverses activités exercées avec une grande compétence et sagesse d'alternance intégrative et créative.

Lui et Michelle, son épouse, vont demain à Sennely en Sologne. Comme Sennely est en partie sur mon chemin, il me propose de m'emmener dans leur voiture. Cette hypothèse réduirait mon étape de moitié et me ferait éviter la traversée d'Orléans. C’est tentant, d’autant plus que la fatigue apparaît! La décision est quasiment prise, quand juste avant de se séparer pour la nuit, arrive le téléphone d’Armelle, étudiante d'Orléans, qui m'avait justement proposé de faciliter cette traversée en m'accompagnant. Je ne peux décemment refuser son offre si sympathique. Donc adieu la Sologne et rendez-vous à l'entrée d'Orléans, au Pont de l'Europe, à 10h.

Jean-Claude inaugure mon céanciale. Dans sa bibliothèque très alléchante, je découvre un livre d'Hubert Reeves, Les compagnons de voyage. Pour lui, les premiers compagnons sont d'abord les éléments physiques, d'habitude muets, que le voyage fait parler.
  • Les organes internes —muscles, articulations— à écouter attentivement pour savoir comment ils supportent le voyage. Le vélo sollicite et mobilise tous les organes. Mais, spécifiquement, il en est un que la mise en selle projette particulièrement sur le devant de la scène: c'est le derrière! Paradoxalement, c'est seulement si on est bien assis dessus, s'il trouve sa juste place de centre de gravité, qu'il remplit son office de mobilisation optimale pour une bonne articulation homme/machine.
  • C'est seulement le troisième jour, entre Chaingy et Gien, que j'ai senti l’amorce de mariage heureux entre mon cul français et la selle anglaise Brooks. L'union n'avait pas été spontanée. Elle avait été provoquée par les conseils insistants et convergents d'habitués des longues randonnées, Sébastien R., mon conseiller-vendeur de vélo et ses collègues. Cette heureuse union ne devait pas se démentir. Elle ne demandera des aménagements qu'à la fin du mois, pour prendre en compte la chaleur italienne.
  • Cette chaleur introduit les compagnons externes: le soleil ou la pluie, l'air et le vent et bien sûr la terre, plus ou moins accidentée et paysagée. Introduction en contacts directs entraînant des expériences corporelles brutes, énergétiques, massives et massantes, stimulantes ou épuisantes.
  • « Tous ces objets résistants portent la marque des ambivalences de l'aide et de l'obstacle. Ils sont des êtres à maîtriser. Ils nous donnent l'être de notre maîtrise, l'être de notre énergie » dit un Gaston Bachelard (La terre et les rêveries de la volonté, 1948, p.19) qui a peut-être fait plus de marche que de vélo. Mais combien est précieuse sa psychanalyse qu'il appelle matérielle ou naturelle, pour décoder un peu la complexité des éveils sensibles apportés par les corps à corps quotidiens avec ces compagnons élémentaires. Écologiquement, ils perdent de leur extériorité. Ils s'incorporent en imprimant une relation écoformatrice subtile. Comme le dit plus récemment Michel Serres, venir au monde implique d'expérimenter corporellement les chose et les lieux (Nouvelles du monde, 1997). D'où l'intérêt des voyages à déplacement lent, à raz de terre, pas à pas, ou coup de pédale par coup de pédale.
Pour continuer sur les bords de la Loire du 1er au 9 novembre...

Départ-Rodage

Jeudi 1er novembre
Tours-Blois (70 km)


Picasa SlideshowPicasa Web AlbumsFullscreen
Cette date de départ —le 1er novembre— est un jour férié en France en l'honneur de la Toussaint. Elle avait été fixée en juin lors d'une des dernières rencontres avec mes collègues. Au courant du projet, certains avaient manifesté le désir d'accompagner les premiers tours de pédale. Pour que ce soit possible, le départ devait s'opérer un jour férié. De plus, cette année 2007, le 1er novembre tombait un jeudi. Avec le pont du vendredi, cette date ouvrait donc quatre jours libres de travail. Elle avait résisté à diverses pressions, entre autres, celles d'une amie d'origine algérienne. En effet, pour les Algériens, le 1er novembre est la date anniversaire de l'insurrection armée de 1954.
Dans la culture chrétienne, c'est le jour de la démocratisation de la sainteté: tous saints. Ce jour fête la consécration des gens ordinaires comme porteurs d'extraordinaire, comme reliés à plus qu'eux-mêmes, capables d'union et de communion infinie, presque à notre insu, aux limites de notre compréhension et action. Toutes et tous des super-vivants en somme, des supermen et women, des mutants.
En fait, quel meilleur jour pour entamer ce voyage dont j'ai longtemps cherché le nom? Dans mon journal de bord, à ce moment, je l'appelais "la route des en-marche" vers la hiéro-formation.

Des Lectures du jour, je relie
  • le triomphe des élus au ciel (Apocalypse 7,9)
  • « dès maintenant nous sommes enfants de Dieu,mais ce que nous serons n'a pas encore été manifesté; Nous savons que lors de cette manifestation, nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu'il est » (1J3,1-3)
  • aux béatitudes (M5,1-12)
Ce soir-là, j'ai eu une réponse à une question initiale qui me taraude depuis mon enfance: les pauvres, les doux, les souffrants, les affamé et assoiffés de justices, les pacifiques sauvent le quotidien. La "Tous saint" est la réponse de l'Amour Tout-Puissant aux vivants en recherche, en marche, dans les grandeurs et misères du quotidien.

Françoise me laissait sur le message suivant:
« Le vent souffle où il veut
et l'on entend sa voix
qui parle sur la ville
Jouant ses propres jeux
Ses jeux de liberté. »
Et Brigitte me souffle quelques versets du psaume des montées (Ps 120)
« Yahvé te garde au départ, au retour, dès lors et à jamais »
Elle me donne l'idée d'emporter une Bible complète pour livre de voyage, même si son format est plus volumineux et encombrant que seulement les Evangiles ou le second Testament. Et elle m'en donne une.
Mohammed, lui, me téléphone et me promet un Coran!

Le départ s'effectue donc à 10h avec Françoise, Brigitte, Francis et Noël.
Prise de photos, symboles de reliance transhistorique, aux pieds de:
  • Descartes, né à Tours en 1596 et mort à Stockholm en 1650.
  • Rabelais, né près de Chinon en1494 et mort à Paris en 1553. Les deux rappellent que le voyage faisait partie de la formation philosophique in vivo.
  • Saint Martin, né à Sabaria (Slovénie actuelle) en 315 et mort à Candes en 397. En 2005, le Conseil de l'Europe l'a déclaré personnage européen. Son tombeau à Tours a suscité un des premiers grands pèlerinages et l'Église catholique l'a consacré comme patron de l'Europe.
Noël demande ensuite en vélo quel verbe retenir des trois. Il propose:
  • penser pour Descartes;
  • rire pour Rabelais, promoteur du gai savoir de la vie;
  • Francis répond partager pour Martin.
Françoise nous accompagne jusqu'au carrefour du Rond point de la France Libre. Noël jusqu'à la fin de la piste cyclable à la sortie se Saint-Pierre-des-Corps. Et ensuite Francis et moi partons au partage, avec les voitures, de l'étroite D151 jusqu'à Amboise où nous attend pour le repas de midi un ami d'enfance: Michel S. Pour lui, Jérusalem est plutôt un repoussoir. Il en veut aux monothéismes qu'il lie de façon forte aux colonialismes et aux intégrismes avec des stéréotypes toujours très agissants.

Ce voyage ne fait donc pas l'unanimité. Il est très chargé lui-même de stéréotypes qui le rendent polyvalent, attirant ou repoussant, en tout cas interpellant. J'expérimenterai souvent par la suite les interrogations qu'il suscite. Cette surcharge de sens entremêlés et concentrés est un de ses principaux intérêts.

Ce bon repas et cette bonne discussion me donnent ensuite l'idée de prendre en photo les personnes significatives rencontrées, comme indicatrices du réseau interpersonnel tissé par la route. Pour moi, la prise de photos n'est pas un réflexe naturel. Et je dois m'initier à un appareil numérique. Sans tomber dans le travers d'un prédateur de photons, il me faut apprendre à voir et percevoir le monde, pour moi et pour les autres, et donc à accueillir et cueillir les éléments pertinents qui s'offrent. Et à les offrir à mon tour aux autres par l'intermédiaire du blogue que Yann, notre fils journaliste, m'a proposé d'ouvrir et de tenir. Ainsi les réseaux internet mettent en scène sociale virtuellement planétaire ma mise en selle solitaire. Opération absolument inédite pour moi. Que d'apprentissages à entreprendre pour dialoguer avec le monde, localement et globalement, et pour faire de ce voyage une route des "mondialoguants, selon un deuxième nom qui s'est proposé pour nommer ce périple dans le prolongement d'une planète de l'autoformation à développer.

À Mosnes, petite localité à 10km d'Amboise, arrêt pour un bonjour rapide à "Mamé", la mère d'un neveu. C'est elle qui ouvre la galerie de portraits des personnes rencontrées. Je photographierai Michel au retour.

Un guide du patrimoine culturel du château de Chaumont-sur-Loire à 25 km de Blois —Jean-François M.— a soutenu il y a un mois un mémoire du Master Ingénierie de la formation, option accompagnement. Ce mémoire porte sur l'actualisation socio-formative de l'accompagnement des visites des monuments culturels faisant partie du patrimoine. Je rappelle que le Val de Loire dans lequel nous roulons a été classé récemment en 2000 par l’Unesco comme site du Patrimoine Mondial. Et Chaumont a été une porte d'entrée en France de la Renaissance Italienne. Malgré la fermeture du château le 1er novembre, il m'a donné rendez-vous pour une visite personnelle. Mais la journée s'avance. En novembre la nuit tombe tôt. À 17h, Brigitte nous attend à Blois pour ramener Francis, son mari, à Tours où ils ont un repas prévu. Dilemme : début de l'apprentissage de la gestion horaire des trajets !

Nous lui téléphonons. Elle est déjà arrivée à Blois avec Françoise que je dois retrouver chez des amis le soir. La seule solution possible pour concilier l'ensemble des données en jeu, c'est qu'elles reviennent à Chaumont pour prendre Francis en voiture et revenir à temps à Tours. Je visite donc seul le château avec Jean-François. Visite chaleureuse au pas de course qui me fait découvrir ce lieu historique magnifiquement situé. Elle me confirme aussi les compétences professionnelles et personnelles de JF. Elles devraient pouvoir pleinement se déployer dans la dynamique de redéfinition des fonctions de ce lieu culturel nouvellement confié à la Région Centre.

Je termine donc seul les 25 derniers kilomètres. Ce furent les plus difficiles de la journée: tombée de la nuit, vent devant, début de crampe! Ne pas paniquer. Ne pas forcer. Prendre son mal en patience. Et surtout passer à un autre niveau. Comme on doit changer de vitesse sans dérailler, il faut penser à autre chose: ajouter les idées ou le métaphysique au simple effort physique. Ce dernier épuise et aplatit s'il ne sert pas de piste de décollage.

C'est jeudi soir, me dis-je. Le soir de mon rendez-vous hebdomadaire avec Celui qui, dans une situation limite, agonistique, a demandé « demeurez et veillez ». La réponse à cette demande de présence et de veille à des moments critiques peut se faire partout,. Dans les lieux ouverts, publics, passants, comme le lieu inaugural —le jardin de Gethsémani. Donc sur les routes, à la croisée des chemins et pas seulement dans des lieux clos, clôturés, culturellement réservés à une minorité de spécialistes. L'originalité de la Nouvelle Alliance n'est-elle pas qu'elle peut se nouer dans toutes les situations quotidiennes? Et que les lieux ouverts, les voies publiques sont peut-être plus propices —ou du moins aussi formateurs de sacré— que les lieux clos consacrés?

Et puis Françoise doit m'attendre au carrefour de la N152 et du chemin vers la maison de Marie-Christine. Donc une grande préoccupation en moins. De plus, les crampes ne s'accentuent pas mais au contraire disparaissent!

L'arrivée et le débarquement chez Marie-Christine et Michel me font expérimenter pour la première fois la pertinence de mon équipement: décrochage et ouverture des sacoches pour passer d'une tenue de route à une tenue de soirée et de nuit. « Disposer le tout en trois sacs étanches » m'avaient conseillé Joseph et Monique: celui de la nuit, celui du linge de rechange et celui de la tenue de sortie.

Bienheureuse douche et bienheureux survêtement en laine polaire acheté pour l'Assekrem en l'an 2000 et qui reprend du service. Bienheureuses pantoufles légères d'avion !

S'immerger dans la culture de la maison : Michel à la retraite, passionné de gothique plantagenêt; Marie-Christine qui sort d'une période de santé difficile; les deux avec un fils en insertion professionnelle. Nuit reposante dans les bras de Morphée... et de Françoise et dans de beaux draps roses qui s’avèreront les plus beaux d’ici Rome! Aucune douleur particulière ne remonte de cette première journée test. Donc je peux continuer. Pas de contre-indication majeure.

Marie-Christine me donne un tube d'Arnica pour prévenir les courbatures. Michel me propose de m'accompagner pour me faire traverser Blois et me mettre sur la piste cyclable Blois-Beaugency.

Pour continuer sur les bords de la Loire du 1er au 9 novembre...